Fraude à la facture et faux RIB : la parade simple pour les TPE et PME
Il y a une attaque qui progresse, qui coûte des milliers d'euros aux PME, et qui techniquement ne demande presque rien.
Le fournisseur est réel, le montant est juste, la facture est attendue. Seul l'IBAN a changé. Et l'argent part ailleurs.
Comment ça marche
Un groupe criminel récupère des identifiants de messagerie. Ils se revendent par centaines de milliers : c'est un véritable marché.
Avec l'accès à vos mails, les fraudeurs repèrent les factures, en PDF, Excel ou Word. Ils modifient l'IBAN en respectant à l'identique la police de caractères, et remettent le document en circulation.
Votre comptable, ou vous, recevez la facture. Tout est cohérent : le montant, la prestation, le fournisseur. Elle saisit l'IBAN qui figure sur le document et valide. L'argent part ailleurs.
Il n'y a pas de génie derrière. C'est un modèle économique qui tourne à grande échelle, avec des outils automatiques qui parcourent les boîtes mail, repèrent les pièces jointes et modifient les coordonnées bancaires en quelques secondes. Pour un coût quasi nul.
Pourquoi ça passe
La victime type, c'est une PME qui travaille avec ce fournisseur depuis des mois, qui reçoit ses factures régulièrement. Rien ne semble anormal, juste un IBAN différent. C'est précisément ce qui passe à travers les mailles du filet.
La parade : de l'hygiène numérique, et un coup de téléphone
Des mots de passe différents partout
Pas une seule combinaison réutilisée entre la messagerie, le logiciel de comptabilité et les outils métier.
La double authentification
Dès que c'est possible, même si c'est un peu contraignant.
Un appel pour tout nouveau RIB
C'est l'étape la plus simple et la plus efficace. Chaque fois qu'un nouveau RIB apparaît, vous prenez votre téléphone et vous appelez le fournisseur, au numéro que vous connaissez déjà, pas à celui indiqué sur la facture. Même si c'est votre fournisseur historique, même si vous lui parlez tous les mois.
« Bonjour, je viens de recevoir une facture avec un nouvel IBAN, pouvez-vous me confirmer que c'est bien le vôtre ? » Une minute au téléphone.
Ce que l'automatisation fait, elle ne le défait pas. Un humain qui pose la question, si.
Le test de la semaine : prenez cinq minutes avec votre comptable et demandez-lui : « Quand un fournisseur nous envoie un nouvel IBAN, on fait quoi ? » Si la réponse est « on saisit », ajoutez « on appelle ».
Sensibiliser toute l'équipe
Répétez le risque et la parade à toutes les équipes : commerciale, administrative, comptable. Ce n'est pas une affaire de technologie coûteuse, c'est une affaire de processus, d'attention et de vérification simple.
« Ça n'arrive qu'aux autres. » Sauf que ça arrive au voisin d'Aurillac, au partenaire de Clermont, au sous-traitant du Puy-de-Dôme.
Questions fréquentes
Comment se protéger de la fraude au faux RIB ?
En confirmant par téléphone, au numéro habituel du fournisseur, tout changement de coordonnées bancaires avant le premier paiement, et en sécurisant les messageries (mots de passe uniques, double authentification).
Que faire si un virement est parti vers un faux IBAN ?
Contacter immédiatement votre banque pour tenter de bloquer ou rappeler les fonds, puis déposer plainte. La rapidité est déterminante.